BON APPETIT, MESSIEURS ! Mai 1965 -
Article mis en ligne le 29 avril 2013
dernière modification le 1er mai 2013

par PS

Editorial Mai

15 Juin 1965

QUINZE OBJECTEURS JEUNENT PENDANT DIX JOURS

Par B. de la G.

- Pour quelle raison jeûnez-vous ?

- Et vous, Messieurs les Combattants, Messieurs les Commerçants, Messieurs les "Politiques", pour quelles raisons vous entre-dévorez-vous ?

La guerre n’est pas un phénomène cartésien. La violence ne se laisse jamais expliquer totalement par des causes rationnelles. Sans doute y a-t-il des justifications… mais les justifications viennent après, c’est le voile de pudeur, la panoplie de bienséance jetée sur la réalité triviale et qui fait de ce corps ventru et obscène un honnête homme en société, respectable, chevaleresque, aux armes du roi !

La non-violence, pardon !... Elle se dérobe aussi à l’explication rationnelle. Elle naît devant les mêmes situations que celles qui suscitent la violence. Elle est une réaction aussi totale de l’homme, aussi peu réductible à la seule démarche intellectuelle. Nous ne la couvrirons pas d’apparat. Sa nudité est plus significative.

Violence ou non-violence, jeûne ou curée sanguinaire ; chacun réagit à sa manière que voulez-vous, suivant ce qu’il est, l’état de ses humeurs, peut-être, les déterminismes dont il est l’objet, pourquoi pas ? (On se sent tellement plus léger après cela). Violence ou non-violence, c’est un peu comme le goût qui vous précipite vers tel plat plutôt que vers tel autre. Cela ne s’explique pas, n’est-ce pas ? On est comme ça… Pourquoi préférez-vous les lentilles alors que j’aime mieux les courgettes ?

Bon appétit, Messieurs !

RESERVISTES !
-  Avez-vous reçu notre lettre circulaire à propos de l’interdiction de participer à une marche pour la Paix ?

-  Avez-vous renvoyé à M. le Préfet de la Protection Civile la motion proposée ?

-  Etes-vous d’accord avec notre action ?

ECRIVEZ-NOUS !

Beaucoup d’amis ont déjà manifesté leur solidarité à notre action en envoyant leur contribution au CCP MIR 21 197 71 PARIS.

Nous les en remercions vivement.

Dans le prochain numéro, nous publierons les comptes et nous vous proposerons un budget.