23 janvier 2012 : La cinquième destruction de la maison d’Arabiya à Anata

mardi 14 février 2012
par  A.B.
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Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2012, les autorités israéliennes ont détruit pour la cinquième fois Beit Arabiya, déjà quatre fois reconstruite, maison de la Paix occupée par l’ICAHD (Israeli Committee against houses demolitions), ainsi que sept autres maisons abritant 52 personnes dont 29 enfants, et les enclos abritant les animaux nécessaires à leur subsistance.

La maison Beit Arabiya, située dans la ville de Cisjordanie d’Anata (zone C sous contrôle israélien), juste au nord de Jérusalem, est un symbole vivant de la résistance à l’occupation et du désir de justice et de paix. C’est une maison appartenant à Arabiya et Salim Shawamreh (et leurs sept enfants), qui a été démolie quatre fois par les autorités israéliennes et reconstruite à chaque fois par des militants de l’ICAHD, tant Palestiniens qu’Israéliens et Internationaux. Nous avions fait partie de ceux-là, six anciens réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie et deux de leurs compagnes qui, pour manifester notre solidarité avec le peuple palestinien et les combattants pour la paix israéliens, sommes allés terminer la quatrième reconstruction de cette maison, au mois d’avril 2005 (voir rubrique). Voir aussi ci-dessous leur message à Ehoud Barak, ministre de la Défense.

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Monsieur le Ministre,

Nous avons appris, avec indignation et rage, la destruction totale de six maisons à Anata (Cisjordanie), dont la Maison de la Paix occupée par l’ICAHD (Israeli Committee Against House Demolitions), ainsi que le projet d’en détruire vingt-six autres dans le village d’Akaba !

La destruction de la maison de la Paix (autrement nommée Beit Arabiya) nous touche particulièrement : en 2005, pendant quinze jours, avec des amis, nous avons participé à la reconstruction de cette maison, déjà détruite quatre fois !

C’est une grande chaîne de solidarité et de fraternité qui avait permis la reconstruction de cette maison : ensemble, Israéliens, Palestiniens, Internationaux venus de tous pays ont fait de cette maison, par leur travail en commun, un signe d’espérance. « Paix et Justice peuvent s’embrasser » quand la destruction fait place à la vie et à la rencontre !

Nous sommes heureux et fiers d’avoir participé à cette reconstruction, lieu devenu un centre de recherche non-violente pour une résolution juste de ce conflit entre Israël et la Palestine.

En persistant dans sa politique de destruction des maisons palestiniennes, le gouvernement israélien confirme son mépris des droits humains les plus élémentaires.

En détruisant la Maison de la Paix, il ajoute à ce mépris, le déni de toute autre voie que la violence destructrice. Cette politique brutale et injuste n’a-t-elle pas montré son inanité et son inefficacité pour la paix et pour la sécurité en Israël, dans ce conflit qui dure depuis plus de quarante ans ?

Cependant, nous ne désespérons pas du peuple israélien ! Toujours se sont élevées des voix israéliennes contre la violence, pour l’équité, le respect des droits des personnes et du peuple palestinien. Monsieur le Ministre, écoutez ces voix, entendez-les et mettez un terme à cette politique.

Quant à nous, nous continuerons à soutenir tous ceux, Palestiniens et Israéliens qui, par l’action non-violente, dénoncent les spoliations des terres, les destructions de maisons, le mépris des droits…

Croyez, Monsieur le Ministre, en notre profonde tristesse et notre grande déception suivant l’enthousiasme que nous avions éprouvé devant la construction de votre pays, quand nous espérions dans la paix entre tous.

Six anciens réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie et deux de leurs compagnes.

D’autres membres de l’association « Réfractaires non-violents à la guerre d’Algérie » ont également envoyé ce message.

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