2012-2013 Paris, Moissac, Pont de l’Arche, Limoges, Vaour
Quelques rencontres-débats
Article mis en ligne le 23 avril 2012
dernière modification le 14 juillet 2017

par A.B.

2012 : Radio Aligre, Paris

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Sur le site des 4ACG, on peut écouter l’émission Tocades, du 10 avril 2012, où trois de leurs membres et Christian Fiquet sont interviewés.

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2012 : Rencontres au lycée de Moissac.

Pierre Boy, Gérard Kihn, Georges Garié et Robert Siméon
Les visages étaient émus, écoutants.

Le 5 avril 2012, nous avions rendez-vous au lycée de Moissac dans le Tarn et Garonne dès 8h 45, invité par Alexis Sempé, professeur d’histoire et organisateur de la rencontre, pour une journée entière devant 200 èlèves de terminales et de première.

Emmanuel Audrain avait reçu l’autorisation de filmer la rencontre en toute discrétion comme il sait si bien le faire, car il a l’art de se faire oublier.

Accueilli par le proviseur, nous nous sommes retrouvé ensuite rapidement devant les élèves.

Nous avons senti de suite chez les élèves les mois de travail « en amont », préparés avec beaucoup de constance et de persévérance.

D’emblée, après la présentation des intervenants, Georges Garié, Pierre Boyer, Robert Siméon et Gérard Kihn, les questions, qui témoignaient d’une prise de conscience aigüe de cette guerre et de la tragédie effroyable de l’engrenage de la violence, ont fusé sans interruption.

Les thèmes abordaient les points suivants :

– Quelle était notre perception de ce conflit en arrivant en Algérie ?

– Quels sentiments envers les Algériens ?

– Le racisme était-il présent ?

– Les rapports avec la population algérienne et les Pieds-Noirs.

– Les rapports avec la hiérarchie militaire.

– La torture, l’avons-nous pratiquée ?

– Les terribles répressions qui ont amenés la révolte.

– La solitude, l’attente du courrier ; le ressentiment.

– Pourquoi avoir tant attendu pour parler, pourquoi ce silence ?

Beaucoup d’élèves ont un grand-père qui a fait la guerre et n’en parle jamais. Muré dans le silence et fuyant cette parenthèse de leur vie.
Et beaucoup d’autres questions.

Nous avons répondu avec franchise à toutes ces questions depuis « la faute originelle de 1830 » jusqu’à l’indépendance de 1962.

Nous représentions un panel assez complet des divers acteurs à cette guerre : un réfractaire, un appelé, un sursitaire et un engagé. La prestation de Robert Siméon, réfractaire, a énormément intéressé le public.
Notre action, notre refus de la retraite, notre rejet de la guerre et des horreurs associées ont émus ce jeune public.
Les visages étaient émus, écoutants.

Nous avons terminé à 17h00 avec une classe de terminale qui n’avait pas eu les possibilités matérielles de préparer cette rencontre. Nous nous sommes rendu compte de la difficulté à stimuler les questions, ce qui démontre l’importance d’une bonne préparation en amont comme celle qui avait été construite dans les autres classes.

Très émus en quittant Moissac, nous avons dit, aux professeurs et au proviseur, que c’était réconfortant de voir la maturité des élèves et le travail intelligent et patient qui se déploie dans un établissement comme le leur.

G. Kihn, 4ACG.

2013 : À la demande du professeur d’histoire, une nouvelle rencontre a été organisée le 10 avril à laquelle participait également Robert Siméon, ancien réfractaire.

Voici le compte rendu :

À l’initiative d’Alexis Sempé, professeur d’histoire et auteur du livre récemment publié aux éditions « La Louve » sous le titre « Un instituteur en Algérie1936-1965 », et d’enseignants des élèves de « première », nous avons été de nouveau invités à nous présenter devant ceux-ci et nous exprimer sur la guerre d’Algérie. Guerre que nous avons subie et désapprouvée.

L’intérêt des élèves était centré sur nos parcours personnels et sur nos réactions face à ce conflit qu’ils ne connaissent que peu, même s’ils sont les petits-enfants de ceux qui ont participé à cette guerre et cela parce que leurs grands parents sont souvent restés muets sur leur parcours.

Au préalable, les élèves avaient visionné le film « L’ennemi intime », un film qui retrace bien la violence de cette guerre sans nom et dont les scènes très réalistes ont été vécues par un nombre considérable d’entre nous dans leur parcours en Algérie en guerre.

Nous avons pu vérifier une nouvelle fois que des témoins directs d’un évènement majeur éveillent l’attention des auditeurs et suscitent l’intérêt et la compréhension de ce conflit dans l’histoire de la décolonisation en venant compléter par la vérité humaine diverse l’histoire enseignée et le travail des historiens.

Comment expliquer la volonté stupide des dirigeants de notre pays à vouloir maintenir un empire colonial alors que des puissances émergentes majeures, comme l’Inde et l’Indonésie, ont accédé à l’indépendance dans l’immédiat après guerre et que pendant ce temps notre armée menait une répression féroce en Indochine, à Madagascar et en Algérie ? Et dire que le Maroc et la Tunisie l’ont conquise dès 1956 ! Et que penser de ces guerres pleines de fureur et de terreur qui ont été menées en notre nom ?

Comment expliquer à ces jeunes gens notre obéissance aux lois de la République et aux dirigeants incapables, sans réactions majeures sauf au moment des rappelés et des barricades ? Dure tâche que d’expliquer notre solitude sans informations, sans journaux, sans poste de radio et d’attendre la quille qui nous libéra de l’armée mais pas de notre conscience ?

Raconter les meurtres, les viols, la terrible réalité des deux parties qui avaient opté pour la violence extrême, toute cette réalité et depuis 50 ans notre souffrance et notre indignation qui nous ont mené à créer notre association.

Et, aujourd’hui encore, notre indignation perdure devant le comportement incompréhensible de certains pour qui la guerre n’est pas encore finie et ne sera jamais finie !

Raconter aussi le parcours des réfractaires peu nombreux, souvent bien seuls, mais lucides sur cette guerre et emprisonnés avec leur vérité que peu d’hommes voulait entendre.

Parmi nous se trouvait aussi Marie Hélène Roques, avec une réalisatrice et son caméraman, qui écrit un documentaire de 50 minutes sur la passation de la mémoire avec une séquence importante sur la 4ACG avec la diffusion prévue en octobre sur FR3.

Spontanément, une dizaine d’élèves sont restés pour répondre aux questions posées par l’auteure et poser eux-mêmes des questions.
L’intérêt des discussions après débat est éclatant car les élèves libérés du poids de l’assistance posent plus spontanément sans tabous leurs questions pertinentes, précises et éveillées par la présence des témoins.

Les professeurs, satisfaits de cette rencontre, nous disent déjà à l’année prochaine.

Gérard Kihn

2012 : Paris et la banlieue

9 janvier : l’Atelier citoyenneté de l’Union nationale des retraités et personnes âgées invite à la projection de notre film.

10 février : François Chouquet, Christian Fiquet et Jean Lagrave assistent à la projection de notre film devant des femmes détenues à la prison de Fresnes. Public intéressé, qui pose des questions, mais dont on s’aperçoit que la période d’histoire dont on parle lui échappe totalement.

29 février : Nous sommes présents au colloque sur les résistances françaises à la guerre d’Algérie au Centre culturel algérien à Paris.

19 octobre : Conférence-débat sur la désobéissance pendant la guerre d’Algérie au siège de la Fédération nationale de la libre pensée.

20 octobre : A la bibliothèque municipale de Vitry-sur-Seine : vernissage d’une exposition sur l’Algérie suivi de la projection de notre film et débat.

En 2012, voir aussi rubrique Commémoration de la fin de la guerre d’Algérie

2013 : Pont-de-l’Arche

7 mars : Au collège Hippolyte-Langlois au Pont-de-l’Arche (Eure)

Jean Lagrave et deux membres des 4ACG ont animé un débat sur la guerre d’Algérie devant cinq classes de quatrième et de troisième. De cette expérience, Jean tire les enseignements suivants :

– lancer un débat sans support préalable (film ou autre) limite beaucoup les interrogations des élèves ;

– la guerre d’Algérie est au programme des classes citées, mais il n’y a même pas de cours en début d’année pour présenter la colonisation et expliquer le déclenchement de la guerre ;

– les élèves étaient, pour la plupart, peu motivés.

2013 : Paris

21 avril : Notre film est projeté dans un ciné-club privé à Paris devant un public très intéressé.

2013 : Limoges

23 mars : Conférence-débat avec Tramor Quemeneur.

"Union pacifiste", mars 2013

2013 : Vaour

21 septembre : Rencontre-débat à l’Atelier d’histoires populaires à Vaour (Tarn). Rémi Serre (4ACG) et Robert Siméon (réfractaire) témoignent.

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