Présentation des "Lettres de Brignoles"

mercredi 1er mai 2013
par  PS
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Après l’exil et la prison conséquences de mon refus de la guerre d’Algérie, je rejoins avec d’autres objecteurs de conscience le camp de la Protection civile à Brignoles (Var) pour y effectuer mon service national, la question de nous doter d’un outil de communication se pose. En effet, nos soutiens se sont démobilisés. L’Action Civique Non-Violente s’est éloignée de notre situation, considérant qu’en ce qui la concernait, elle n’avait plus à intervenir et Louis Lecoin, pour sa part, a vu les objecteurs, qui lui devaient leur liberté, s’éloigner de ses positions.

Nous étions en 1964. Le camp était situé dans une forêt où tout était à construire. Nous habitions sous tente, sans avoir d’électricité. C’est pour cela que, lorsque la décision de créer un journal est prise, se pose la question des moyens techniques.

C’est alors que l’un d’entre nous, Claude Duval, instituteur de métier engagé dans le mouvement Freinet, nous propose l’utilisation du limographe. C’est un outil d‘une simplicité absolue, une ronéo réduite à ses principes de base : un stencil posé sur une fine toile, elle-même fixée sur un cadre qui se rabat sur une feuille de papier, l’encre étant étalée alors avec un rouleau à main.

Cet outil sera utilisé, plus tard, au cours du mouvement de Mai 68 par des maoïstes qui lui donneront le nom de « roneo mao » du fait de son extrême simplicité d’usage.

C’est ainsi que vont être publiés les dix premiers numéros de La lettre des objecteurs. Le titre en rouge éclatant sera fait en linogravure. Par la suite, grâce à la présence d’objecteurs, séminaristes de formation, nous utiliserons la ronéo du presbytère catholique de Brignoles.

Dans un premier temps, cet organe va servir à donner de nos nouvelles à nos proches et à nos amis. Il ne tire qu’à une centaine d’exemplaires. Son utilité va devenir incontestable au moment où les tensions entre objecteurs et encadrants vont apparaître pour conduire au clash final.

La Lettre de Brignoles va permettre de rassembler et de former les contingents suivants sans que la Protection civile n’y mette son nez.

Lorsqu’une bonne partie des anciens sera emprisonnée à Uzès, les nouveaux arrivants se montreront alors solidaires. Les prisonniers seront libérés, et l’application concrète de la loi sur les objecteurs sera modifiée complètement dans les mois qui suivront.

Pierre Sommermeyer


Le travail de reproduction à partir de documents parfois difficilement lisible a été fait par Sylvie Knoerr, merci à elle.

Suite des annexes

JANVIER 2018 : VIENT DE PARAITRE
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Les « Lettres » et « Courriers » ronéotés que les objecteurs envoyèrent à leurs amis sont rassemblés ici.
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